Sous le ciel de Tokyo, entre manga historique et vie quotidienne

par S Féranec

Sous le ciel de Tokyo est un seinen historique de Seiho Takizawa publié chez Delcourt Tonkam. Il s’agit d’une courte série en deux tomes. Le mangaka est bien connu en France pour ses titres dédiés à l’aviation aux éditions Paquet comme 103e escadrille de chasse, Un cri dans le ciel bleu ou L’as de l’aviation, des one-shots malheureusement méconnus.

En 1943, en Birmanie, le capitaine Shirakawa critique ouvertement la tactique mise en place par ses supérieurs durant une réunion d’étude de la 5e division aérienne. Il leur reproche d’envoyer les pilotes japonais avec des avions dépassés contre les B-24 qui sont plus performants et mieux armés. Lors d’une mission, il ne réussit pas à abattre un de ces bombardiers mais voit son ami Akizuki donner sa vie en fonçant sur l’un d’eux pour le détruire. Il apprend peu après qu’il est muté à la division des essais aériens à Fussa, résultat de son opposition face à sa hiérarchie. Soulagé de ne plus être sur le front et de retour à Tokyo, il peut alors retrouver chaque soir son épouse. A l’aérodrome de Fussa, il doit tester les nouveaux modèles de l’armée impériale qui devront répondre aux avancées technologiques britanniques et américaines. Il part donc en mission pour effectuer des essais comme à Hokkaido pour des trains d’atterrissage en zone froide.

Le manga Sous le soleil de Tokyo ravira tous les amateurs de manga historique. Il présente avec moult détails les différents avions qui ont participé à la bataille du Pacifique : B-24, chasseur type 3 ou 4. La passion de l’auteur pour l’aviation et ses connaissances sautent immédiatement aux yeux du lecteur. Ce n’est pas sans nous rappeler ler dernier film en date de Hayao Miyazaki, Le vent se lève. Les dessins de chaque avion sont tout à faits réussis et sont réalisés avec précision et détails. De plus, la Seconde Guerre mondiale est présenté par petites touches pour indiquer le contexte et l’évolution du conflit. Ainsi, on prend conscience en même temps que Shirakawa de l’avancée des troupes américaines et de la défaite inéluctable du Japon notamment à cause de son retard technologique notamment dans le domaine de l’aviation qui l’empêche de combattre les bombardements de Tokyo.
Pourtant, derrière cet aspect historique passionnant, c’est surtout la vie quotidienne du couple qui apporte un vrai plus à ce manga. En effet, on découvre le quotidien de la population japonaise durant cette guerre : les mesures de restrictions alimentaires et celles futiles pour combattre le feu en cas de bombardements, la montée du nationalisme et le rejet de tout ce qui concerne les Etats Unis… Malgré cela, la vie continue avec ces petits bonheurs et ces grands malheurs. La fin surprendra grand nombre de lecteurs tant elle semble inattendue et tragique.
En définitive, ce court manga réussit le pari de mêler l’aspect technique de l’aviation sans toutefois être rébarbatif avec des éléments vie quotidienne durant la Seconde Guerre mondiale. Une vraie bonne surprise qui trouvera sa place dans tous les CDI.