Eclat(s) d’âme ou comment parler de l’homosexualité

par S Féranec

Eclat(s) d’âme est un manga de Yuhki Kamatani édité chez Akata. Cette auteur, déjà publiée en France avec Nabari, semble très concernée par la question de l’homosexualité et celle de l’acceptation. La série compte actuellement trois tomes au Japon.

Deux jours avant les vacances d’été, un des camarades de Tatsuku découvre dans son portable que ce dernier a regardé une vidéo porno gay. Selon lui, il ne lui reste plus qu’une solution, mourir. Alors qu’il va se jeter dans le vide, il aperçoit une jeune femme sautant d’une fenêtre. Il court immédiatement pour lui porter secours. Il découvre que cette maison est en réalité un salon de discussion. Quand il y entre, la femme, que tous appellent leur hôte, part se promener jusqu’au parc en haut de la colline. Il l’accompagne donc, elle lui avoue qu’elle a bien cru qu’il voulait se suicider. En effet, après la découverte de la vidéo, ses camarades commencent à le traiter de tapette et de PD même s’il essaie de les détromper.
Ils montent jusqu’au belvédère où la femme lui propose qu’il lui dise tout mais elle ne l’écoutera pas. Il lui parle de son secret qu’il ne peut dévoiler à personne. Il retournera en cours le lendemain pour savoir si sa vie ne risque pas de devenir un enfer. Elle lui suggère de revenir au salon de discussion où il pourra trouver une oreille attentive s’il en a besoin.

Comme c’est leur habitude, les éditions Akata dévoilent un titre très surprenant sur le coming out des adolescents homosexuels. Tatsuku souffre énormément de son homosexualité dévoilée bien malencontreusement. Face à la réaction de ses camarades de classe, il ne lui reste, selon lui, qu’une solution, le suicide. La violence verbale qu’il subit le brise peu à peu. Il ne trouve personne à qui parler.
Heureusement, il va rencontrer au salon de discussion des gens qui vont pouvoir l’aider à s’accepter. Ainsi, il croise Haruko, elle-même lesbienne, qui vit en compagnie de Saki. Quand elle a fait son coming out dans son entreprise, cela lui a valu d’être mise à l’écart. Elle n’a pas eu d’autres choix que de démissionner. Même avec ses parents, les relations sont devenues distantes. Pourtant, elle rêve de se marier avec Saki. Au contraire, cette dernière n’est pas encore prête à tout sacrifier pour vivre son amour au grand jour. On découvre aussi qu’Haruko participe à Onomichi dans une association, Le congrès des chats, à la réhabilitation des maisons abandonnées de la ville. C’est évidemment un moyen de se reconstruire pour ceux qui participent à cette entreprise.
Chaque rencontre est l’occasion de trouver quelqu’un à qui parler. Les échanges d’expérience deviennent un moyen de s’accepter et de découvrir qu’il est possible de vivre son homosexualité pour Tatsuku.
Pour conclure, Eclat(s) d’âme devrait être présent dans tous les CDI pour sensibiliser les adolescents à la question de l’homosexualité et du coming-out, qui peut être cause de de mal-être voire de suicide chez les jeunes gays. Un titre pédagogique sur l’acceptation de soi présentée avec beaucoup de poésie.

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