Issak ou l’histoire d’un samouraï pendant la Guerre de Trente ans

par S Féranec

Un manga historique de plus publié cette année en France mais pas n’importe lequel, une petite pépite qui mérite assurément que l’on s’intéresse à elle. Issak est un seinen, oeuvre de la collaboration entre Shinji Makari au scénario et Double-S aux dessins. Il est publié aux éditions Ki-Oon.

En 1620, une jeune fille, Zetta, en route vers le Palatinat du Rhin est agressée par deux hommes. Heureusement, un samouraï réussit à les mettre en fuite. Le grand-père de la jeune fille veut le remercier mais ce dernier n’accepte pas ses offrandes. Ils reprennent la route et arrivent enfin à destination. Ils ont fui la Bavière et leur situation ne s’est pas améliorée car l’armée espagnole se rapproche de la cité. Le soir, arrive Issak, le samouraï, qui est présenté à Heinrich, frère cadet de Frédéric V du Palatinat. Il faisait partie d’une troupe de cent mercenaires envoyés par le Prince d’Orange. Il est désormais seul quand les autres ont appris que l’armée espagnole comportait 9000 soldats. Issak n’a lui qu’un seul objectif : retrouver le traître qui a tué son maître et qui lui a dérobé un bien précieux. Sa seule piste en quittant le Japon c’est que la personne qu’il recherche s’est engagée auprès des Espagnols. Au matin, l’armée ennemie déploie ses troupes, ce sont les mercenaires de Spinola, grand spécialiste des sièges. Chacun se prépare au combat à Fuchsburg.

Issak appartient à ces nombreux seinen manga historiques de grande qualité à découvrir chez Ki-Oon (Ad Astra, Cesare...). Il propose la découverte d’une période très méconnue de l’Europe, la guerre de Trente ans. Ce conflit oppose les princes protestants tchèques soutenus par les Provinces Unies, les pays scandinaves (accompagnés de la France catholique) contre la maison Habsbourg du Saint Empire.
Evidemment, cette guerre est présentée à travers le périple de Issak, personnage en quête de vengeance. Il dispose de toutes les caractéristiques qui correspondent à la figure du samouraï. L’honneur semble ce qui le définit en premier lieu, ce que prouve son combat mais aussi le fait d’être le seul mercenaire à se rendre à Fuchsburg. Issak apparaît aussi comme un personnage réfléchi et précis comme le démontre la fin du siège de la cité.
Enfin, il faut bien l’avouer, les graphismes sont parmi les plus beaux avec un titre comme Bride stories. La scène du siège qui présente l’ensemble des troupes en présence est vraiment éblouissante. La précision et les détails fournis par le dessinateur permettent de s’immerger totalement dans l’action. Les uniformes, les armes, le déroulement de la bataille sonnent tout à justes historiquement.
En définitive, Issak est sans nul doute un titre surprise à ne pas manquer tant son scénario et ses qualités graphiques sont au dessus de ce qui est proposé habituellement dans les manga. Il appartient aux tous meilleurs du genre historique aux côtés de Vinland saga ou de Reine d’Egypte.