Un documentaire essentiel sur Osamu Tezuka

par S Féranec

L’exposition Osamu Tezuka, Manga no Kamisama, présentée durant le 45e Festival international de la Bande Dessinée d’Angoulême a le droit à un magnifique catalogue publié aux éditions 9e Art+ dont les textes sont rédigés par Stéphane Beaujean et Xavier Guilbert. Cet ouvrage au format agréable devient un indispensable pour tous ceux qui veulent découvrir l’oeuvre du « Dieu du manga » à qui l’on doit 150 000 pages et 400 œuvres.

La vie du mangaka est présentée chronologiquement en sept parties. Dès l’après-guerre qui voit le Japon occupé, on découvre notamment sa première œuvre La nouvelle île au trésor. Puis, entre 1950 et 1965, il développe le manga jeunesse avec des titres comme Le Roi Léo, qui est une des œuvres qu’il a le plus retravaillée (environ six fois), Astro Boy ou Princesse Saphir. Ensuite, entre 1966 et 1978, il s’intéresse au manga adulte à l’atmosphère plus sombre avec des titres comme Vampires ou Dororo. Le symbole de cette période reste le chirurgien de l’impossible, Black Jack. C’est aussi en 1964 que Tezuka lance le magazine Com dans lequel il publie Phénix (qui se poursuivra pendant 20 ans). L’ouvrage s’achève avec les œuvres historiques comme Bouddha ou L’histoire des trois Adolf. Enfin, on découvre quelques unes des planches les plus originales de Tezuka qui montrent combien Tezuka a inventé une narration particulière.
Trois auteurs, Naoki Urasawa, Taiyô Matsumoto et Rintarô, décrivent aussi les influences et l’importance qu’a représenté Tezuka pour toutes les générations de mangaka.
Enfin, la grande réussite du livre (et de l’exposition) est de présenter une multitude d’originaux pour tous les manga du mangaka. La société Tezuka Productions qui gère les droits de l’auteur a permis la reproduction de tous ces documents pour la première fois. Chaque image permet au lecteur de s’imprégner du découpage et de la narration et d’analyser l’évolution du travail du mangaka.

En définitive, ce catalogue est une incroyable mine d’informations qui pourra intéresser aussi bien les néophytes que les passionnés de manga. La partie iconographique vaut à elle seule l’achat de cet ouvrage indispensable sur Tezuka.