Quand la musique est bonne !

par S Féranec

Fan de manga sur l’alpinisme depuis Le sommet des Dieux de Jirô Taniguchi, je suis toutes les séries qui paraissent sur le sujet comme Ascension de Shinichi Sakamoto. J’ai alors découvert un titre dont je n’attendais pas grand-chose : Vertical. Son auteur Shinichi Ishizuka m’était inconnu et au premier abord, le dessin me semblait assez simpliste. Pourtant, je lisais chaque volume avec grand plaisir grâce à des personnages très attachants et un dénouement fort en émotions.
Quand Glénat a annoncé le nouveau manga (terminé au Japon en 10 volumes) de cet auteur, je me suis précipité et je n’ai pas été déçu !

Dai Miyamoto s’entraîne d’arrache-pied au saxophone pour devenir le meilleur jazzman au monde. Chaque jour, il se retrouve sur les berges de la rivière Hirose à Sendai. Durant les cours qui ne le passionnent pas, il repense à son ami Shuhei qui lui a fait découvrir au collège le jazz et ses grands interprètes comme Miles Davis, Charlie Parker et Bill Evans. Avec la fin du lycée, il participe à son dernier match de basket qui s’achève par une défaite. Le soir, il se rend chez Shuhei qu’il n’a pas vu depuis longtemps et qui a arrêté la musique pour s’investir pleinement dans la médecine. N’ayant jamais joué devant personne, il demande à son ami de venir l’écouter. Même s’il ne joue pas juste et souffle trop fort dans son saxophone, Shuhei ressent toute l’intensité et la détermination de Dai.

Un manga sur la musique n’est évidemment pas chose aisée. En effet, réussir à transmettre les sons par l’image nécessite une certaine qualité dans la narration. Les seuls résultats probants ne sont pas légion : Your lie in April de Naoshi Arakawa chez Ki-Oon ou Beck de Harold Sakuichi chez Delcourt. On peut y ajouter dès à présent Blue giant qui m’a totalement enthousiasmé par ses multiples qualités.
Premièrement, ce titre fait découvrir au lecteur le jazz en citant de nombreux musiciens de talent. On n’a qu’une envie, les écouter. Comme Dai, qui est un néophyte, le lecteur apprend le fonctionnement d’un saxophone grâce à quelques rencontres comme le propriétaire du magasin Hirose.
Deuxièmement, la qualité des dessins, notamment quand Dai joue de la musique, ne cesse de surprendre. C’est le point fort du titre. Le mangaka réussit à transmettre les qualités de musicien de l’adolescent dans quelques unes de plus belles pages de manga sur la sujet.
Troisièmement, le personnage principal apparaît comme très attachant. Il fait preuve d’une grande ténacité malgré tous les obstacles qui se dressent face à lui. Le simple fait de devoir acheter des anches s’avère une première difficulté pour le garçon. Lors de sa première représentation publique, les terribles critiques qu’il reçoit ne le déstabilisent pas longtemps, sûr de son destin, devenir le plus grand jazzman du monde.
Pour conclure, le manga Blue giant apparaît comme un des tous meilleurs titres sur la musique. Ses qualités graphiques et narratives plairont aux lecteurs de seinen originaux !

Les premières pages sont à découvrir sur le site de Glénat.