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La métamorphose de Kafka
dimanche 14 novembre 2021, par
En cette fin d’année, Kaiju n°8 est sans aucun doute le manga le plus attendu. Précédé par un sacré succès au Japon où la série compte déjà quatre tommes, Kaze a vu les choses en grand en préparant une mise en place titanestque avec un premier tirage à 250 000 exemplaires. L’auteur Naoya Matsumoto reste méconnu en France avec seulement une courte série publiée : Pochi et Kuro qui méritait qu’on y jette un coup d’oeil.
Au Japon, l’apparition de Kaiju, des monstres géants, fait partie du quotidien comme c’est le cas à Yokohama. Les habitants sont invités à se mettre à l’abri. Heureusement, la 3e unité a rapidement éliminé la menace. Il faut tout de même prendre garde à l’arrivée possible de monstres secondaires, les yoju.
Kafka, 32 ans, appartient à ceux qui doivent nettoyer les restes des kaiju. Ce jour-là, il se retrouve à s’occuper des intestins du monstre, l’horreur... Le soir, au journal, il aperçoit son amie d’enfance Mina Ashiro, devenue commandante de la 3e unité. Le lendemain, un petit nouveau intègre l’entreprise de nettoyage de kaiju, Reno Ichikawa. Celui-ci aimerait entrer dans les forces de défense comme c’était le cas de Kafka qui a depuis abandonné. Ils sont tous deux affectés aux intestins. Au déjeuner, malgré les critiques qu’il a subi du jeune homme, Kafka lui prodigue quelques conseils. Le soir, Reno lui apprend qu’il n’est pas trop tard pour réaliser son rêve, l’âge pour intégrer les forces ayant été repoussé à 32 ans.
Après la lecture de ce premier tome, il ne fait aucun doute que Kaiju n°8 possède toutes les qualités pour devenir un des meilleurs shônen actuellement.
Tout d’abord, Kafka paraît comme un héros très original. Il s’agit d’un adulte de 32 ans, ce qui arrive rarement le cas dans les shônen (dernier exemple avec l’espion Twilight dans Spy x Family). Contrairement à ce que peut penser Reno, il n’est pas un loser. Il a accepté son échec pour appartenir aux forces de défense. Il est devenu un simple nettoyeur mais ses chefs reconnaissent sa bonne volonté même pour les tâches les plus ragoutantes. Il prend sous son aile Reno qui finit par le remercier pour sa bienveillance. Même s’il n’a aucun pouvoir au début de l’histoire, il n’hésite pas à mettre sa vie en jeu pour sauver les autres.
Ensuite, ce premier tome se dévore littéralement. C’est un très bon page turner. Contrairement à beaucoup de titres, les dessins sont travaillés affichant un bon degré de détails comme pour les décors en arrière-plan et notamment les zones détruites De plus, dans un manga présentant des kaiju, on attend beaucoup du design des monstres et on n’est absolument pas déçu. Ils sont vraiment réussis. Il suffit de regarder Kafka transformé dès la couverture pour en être convaincu.
Enfin, le scénario n’est pas en reste qui apporte son lot de rebondissements. L’auteur y distille un bon nombre de scènes vraiment drôles. Même si on retrouve certains poncifs comme l’examen (rappelant inévitablement My hero Academia par exemple), le mangaka y apporte toujours une touche personnelle, plus mature. Ce premier tome s’achève sur un suspense haletant !
En définitive, Kaiju n°8 mérite amplement la bonne presse qui l’a précédé. Mélange efficace d’action et d’humour, avec un très niveau de dessin, c’est sans aucun doute une nouvelle petite pépite du shônen !