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Du réel au virtuel : Goodnight world

mercredi 8 décembre 2021, par S Féranec

Le thème du virtuel et des mondes parallèles est à la mode dans les manga. Pourtant, Goodnight world réussit à trouver une vraie originalité grâce à Uru Okabe qui choisit un point de vue sociétal sur ce sujet. Cette série, publiée chez Akata, ne comptera que 5 tomes.

Deux joueurs poursuivent le red dragon quand ils s’approchent de la colline du crépuscule, territoire du clan Akabane. Ce sont les quatre joueurs les plus forts du jeu Planet. C’est alors que l’un d’eux, Ichi, tue ce fameux dragon d’un seul coup et en récupère les différentes parties. Il emmène les deux joueurs dans la maison du clan où ils rencontrent May et AAAAA qui se montrent particulièrement bienveillants contrairement aux rumeurs. C’est au tour de Shiro, le chef du clan, d’apparaître. Il oblige Ichi à leur rendre le butin. May qui veut changer une ampoule, tombe de la chaise sur laquelle elle était montée. Les trois autres membres se précipitent pour la protéger démontrant la famille chaleureuse qu’ils ont constituée virtuellement.
Pourtant, dans le monde réel, Taichirô, alias Ichi, vit enfermé dans sa chambre. Seule la faim le fait sortir pour se rendre à la cuisine. Il y croise son frère, Asuma et son père qu’il considère comme un loser. Leur mère n’est pas rentré depuis dix jours. Quand son père, qui souffre des hanches, lui demande de changer une ampoule, il refuse puis revient en le traitant de vieux débris. Cela finit en dispute et Taichirô préfère retourner dans le monde virtuel.

Derrière une très belle couverture mettant en scène Ichi, se cache un manga abordant de nombreux sujets de société qui en font ses points forts. En effet, l’aspect graphique n’est pas toujours très convaincant et est parfois irrégulier d’une page à l’autre. Le phénomène des jeunes qui préfèrent rester enfermés dans leur chambre que de devoir affronter la réalité touche durement le Japon. Dans ce titre, Taishirô est devenu accro au jeu Planet où il se sent plus libre dans cette famille qu’il s’est constitué. Pendant un an, il était un player killer, tuant les autres joueurs par plaisir mais il a changé pour le meilleur. Son attitude n’est plus la même dans le monde réel, où il ne supporte ni son frère, trop bon élève, ni son père, un loser. Il préfère se replonger dans le virtuel le plus rapidement possible, toutes les interactions le mettant dans une colère noire.
L’auteur parle également des problèmes familiaux. Il montre comment la structure familiale a explosé après un événement dramatique (dont on ne sait rien pour l’instant dans ce premier tome). La mère préfère vivre à l’hôtel et a abandonné le foyer. Les quatre membres de la famille cherchent alors de la chaleur humaine
Enfin, autre sujet intéressant que le mangaka, celui des mondes virtuels. Le jeu Planet est devenu la nouvelle réalité pour Taichirô aussitôt qu’il s’équipe de son casque de réalité virtuelle. L’auteur donne des détails de ce jeu dans les pages entre chaque chapitre.

A l’heure où les métaverses deviennent une réalité dans notre quotidien, le manga Goodnight world nous rappelle les dérives possibles et la réflexion nécessaire concernant le virtuel. Un titre intelligent sur notre société à posséder au CDI.