Le comte de Monte-Cristo : une adaptation réussie pour des collégiens

par S Féranec

Le one-shot (un tome unique) Le comte de Monte-Cristo est une adaptation réussie du roman d’Alexandre Dumas réalisée par Ena Moriyama et publiée en mars 2017 chez Kurokawa, éditeur à qui l’on doit aussi les séries Les Misérables de Takahiro Arai (en huit tomes) et Arsène Lupin de Takashi Morita (toujours en cours de parution avec cinq volumes).

En 1815, à Marseille, Edmond Dantès revient d’un long périple qui l’a vu devenir capitaine du vaisseau. Il retrouve sa fiancée Mercédès avec qui il doit se marier. Il est fier d’avoir récupéré un courrier de l’empereur Napoléon actuellement exilé sur l’île d’Elbe à destination de ses partisans. Durant son mariage, Fernand et Danglars, deux hommes du bateau dont il était capitaine, viennent lui souhaiter tout le bonheur possible avec quelques arrières-pensées. Mais durant la cérémonie, Edmond est arrêté par la police et est conduit à la prison de l’île d’If, où sont enfermés les grands criminels politiques. Il tente de crier son innocence mais sans succès. Il a été dénoncé par une lettre anonyme au procureur Villefort qui brûle la lettre de Napoléon pour soit-disant le sauver. Son dernier espoir pour quitter cette geôle est de rencontrer l’inspecteur général des prisons. Cela fait déjà dix-sept mois qu’il est enfermé sans avoir eu droit à un procès. Mais dans son dossier, l’inspecteur découvre une lettre de Villefort qui indique que Dantès est un bonapartiste. Emprisonné injustement, Edmond cherche à savoir qui est l’auteur de cette lettre qui l’a condamné. Il ne pense plus alors qu’à une seule chose : se venger.

L’adaptation du roman d’Alexandre Dumas par Ena Moriyama réussit parfaitement son objectif : celui de donner envie de lire ou de relire le roman d’Alexandre Dumas, Le comte de Monte-Cristo. Pourtant, ce n’était pas gagné. En effet, réussir à adapter ce chef d’oeuvre de plusieurs centaines de pages en un manga en un tome unique semblait un pari perdu d’avance. Dans la postface, le mangaka explique que le projet devait s’effectuer en seulement en sept chapitres et qu’il a réussi à en négocier cinq de plus pour un total de douze. Evidemment, l’auteur a dû faire des choix en résumant certains passages du roman en une seule page. Il en a privilégié certains par rapport à d’autres. Malgré cela, le lecteur n’est jamais perdu. Bien sûr, on peut regretter de ne pas avoir droit à une série plus longue comme pour Les Misérables mais il ne faut pas bouder son plaisir.
Ensuite, les dessins sont d’une très grande qualité. Il suffit de voir les dessins en couleurs de la première de couverture et de la page de garde qui représentent Edmond et Haydée pour comprendre le talent de la mangaka. Parfois, la narration semble quelque peu confuse à cause du rythme soutenu que doit suivre l’auteur pour boucler son projet. Ainsi, il est regrettable que certains personnages ne voient pas leurs relations plus développées. Heureusement, le passage dans la prisonnier où Edmond rencontre l’abbé Faria est bien mis en valeur car il montre les doutes qui assaillent le héros sur le bien-fondé de sa vengeance.
En définitive, l’adaptation du Comte de Monte Cristo réussit son pari, celui de présenter une histoire bien connue pour un public qui la découvrir avec plaisir grâce à des graphismes de très bonne qualité. Un titre à privilégier pour les CDI de collèges.