Jumping ou comment parler de l’hikikomori

par S Féranec

Dans sa volonté de toujours proposer des shôjo sortant des sentiers battus, les éditions Akata (Orange, Moving forward ou encore Rouge éclipse) nous propose Jumping, une courte série en 4 tomes. Ce manga est l’oeuvre de Asahi Tsutsui, auteur bien connue au Japon mais publiée pour la première fois en France.

Ran, qui vient d’achever le lycée, éprouve les pires difficultés à sortir de chez elle malgré le soutien de sa mère face aux critiques de sa tante. Au mois d’octobre, elle n’a toujours pas choisi ses études supérieures. Elle reste cloîtrée chez elle, se morfondant face à ses difficultés scolaires qui durent depuis de nombreuses années. Son écriture et ses problèmes d’apprentissage l’ont toujours isolée des autres. Elle s’est retrouvée la cible des moqueries de ses camarades ce qui l’a un peu plus mis à l’écart. Heureusement, elle peut compter sur sa seule amie Sayuri. Elles se sont rencontrées au lycée alors que celle-ci était une nouvelle élève arrivant du Pays de Galles. Ce jour-là, son amie vient annoncer à Ran qu’elle déménage à Aomori. Celle-ci croit en ses chances de s’en sortir même sans son amie. Mais le jour où elle doit passer un concours d’entrée, elle s’évanouit en pleine rue du fait du stress et de la fatigue. Sayuri lui propose alors de l’accompagner à Aomori pour débuter une nouvelle existence.

Ce shôjo aborde un sujet sensible au Japon, l’hikikomori, qui touche peu à peu la France. (voir cet article du Monde de 2012). Il s’agit d’un phénomène concernant des adolescents et même des jeunes adultes qui préfèrent se couper du monde en restant enfermés chez eux. C’est le cas de Ran que la vie en société effraie. Se rendre à l’école devient une épreuve insurmontable. Heureusement, elle peut compter sur sa mère et sa meilleure amie pour la soutenir. En se rendant à Aomori, elle découvre le club d’équitation de l’Université. Ses membres vont lui permettre de reprendre confiance en elle. Le chemin sera semé d’embûches et rien ne lui sera facile. En abordant le thème de l’équitation, l’auteur nous propose de magnifiques dessins très dynamiques qui raviront les fans de ce sport. Elle compose aussi une galerie de cavaliers tous plus beaux les uns que les autres qui ne laisseront pas insensible Ran apportant la touche de romantisme indispensable à tout bon shôjo qui se respecte. Dès le premier volume, on voit apparaître les sentiments de Ran pour certains de ces personnages au personnalité et à l’histoire travaillées.

Bravo aux éditions Akata pour ce nouveau shôjo qui ravira les jeunes filles passionnées d’équitation tout en leur proposant une histoire forte portée par une héroïne qui ne les laissera pas insensible.
Il est possible de lire les cinquante premières sur le site de l’éditeur ce qui devrait vous convaincre d’acheter cette série.