Love Baka, un shôjo entre humour et découverte de l’édition

par S Féranec

Les manga traitant de la création et de la vie des mangaka ne manquent pas depuis Bakuman ou entre RIN. Pourtant, c’est la première fois qu’il est sous la forme d’un shôjo avec Love Baka. Ce dernier est l’oeuvre de Shushushu Sakurai, que l’on découvre en France pour la première fois. Cette courte série de trois tomes est parue aux éditions Kurokawa.

Suzu Sakurai a rendez-vous avec son responsable éditorial, M. Kishida. Une fois de plus, elle a rendu ses planches en retard et pour se faire pardonner, elle lui apporte une boite de pâtisseries. Il lui apprend qu’un nouveau responsable va le remplacer malgré les pleurs et les cris de la jeune femme. Elle découvre alors qu’il s’agit d’un beau jeune homme, Osamu Hasegawa qu’elle prend pour un prince charmant. Elle reprend immédiatement espoir pour persévérer dans sa carrière. Après avoir tenté de se refaire une beauté, elle entend Osamu expliquer à un ami qu’il n’entend rien aux shôjo manga et il la traite de véritable poubelle. Il la menace si elle décide de parler à qui que ce soit. Il lui donne rendez-vous dans trois jours pour découvrir son futur one-shot.

Love Baka apporte un souffle nouveau aux shôjo manga grâce à un ton humoristique bienvenu. La jaquette très colorée nous entraîne immédiatement dans le milieu de l’édition du manga avec les deux personnages principaux. Un petit conseil, n’oubliez pas de regarder en dessous pour une petite surprise de l’auteur.
Cette série apparaît comme totalement déjantée et cela grâce à une héroïne haute en couleur. Cette dernière apporte un excès d’enthousiasme voire de folie pour ce titre pas comme les autres. En tant que mangaka, elle est incapable de rendre ses dessins en temps et en heure. En terme de ponctualité, elle est un cauchemar pour son responsable éditorial qu’elle essaie de soudoyer grâce à des cadeaux. Mais, Osamu va se montrer intraitable avec elle, ne lui pardonnant rien même s’il évolue peu à peu à son contact. Leur duo si dissemblable fonctionne remarquablement bien entraînant de multiples moments cocasses. On découvre stupéfait qu’en réalité, tous ces événements sont totalement biographiques selon deux responsables de l’auteur comme par exemple qu’elle serait restée une semaine dans un bureau pour achever ses planches. C’est l’autre point intéressant du manga, nous faire découvrir l’univers de l’édition du manga au Japon à travers les déboires de Suzu. Grâce à Osamu, elle s’entoure d’un assistant et rencontre un concepteur de jaquette pour son premier volume relié.
En définitive, Love Baka est sans aucun doute une petite pépite du shôjo comme on aime les découvrir. Une courte série qui prendra une place méritée dans les CDI.